Le parcours international d'Emelyne
Témoignage d'Emelyne Cheney (promo 7)
"Après
deux ans à Albert le Grand, je suis partie à Keele University. Malgré
un petit choc culturel à mon arrivée dans le Nord de l’Angleterre
–j’étais heureusement accompagnée de plusieurs Albertistes de la promo
7!– j’ai beaucoup aimé le cursus de relations internationales de Keele.
Un cours a particulièrement éveillé mon intérêt: le droit des minorités
par le Professeur Patrick Thornberry. Je tenais sans le savoir le fil
conducteur de mon parcours.
J’ai poursuivi ma découverte de
l’Europe avec un programme de Master en politique européenne –un «
Euromaster »- qui m’a emmenée à l’Université de Bath, puis à
l’Université Charles de Prague et enfin à Sciences Po Paris. Mon mémoire
a traité de la question des minorités nationales au sein de l’Union
Européenne.
J’ai ressenti le besoin d’une pause après 5 années
d’études. J’en ai profité pour partir enseigner l’anglais dans un
village massai en Tanzanie, l’occasion de découvrir une autre minorité…
Mais une question me poursuivait : devrai-je faire un doctorat ? J’ai
fait le pari de ne présenter ma candidature qu’à Oxford, Cambridge et la
London School of Economics (LSE). Si j’étais acceptée par l’une de ces
trois grandes universités alors je faisais un doctorat. La LSE m’a
offert une bourse pour mon projet de recherche sur « l’impact de
l’intégration européenne sur la mobilisation nationaliste minoritaire en
France ». J’étais donc en route vers un nouveau défi !
Écrire
une thèse sur la France dans une université anglaise était une décision
prise en connaissance de cause. Contrairement à ses voisins espagnols et
britanniques, la France peine à reconnaître la diversité qui fait
pourtant sa richesse. La distance m’a permis d’approcher ce débat qui
traverse la société française en toute objectivité.
Mes
recherches ont duré 4 ans et m’ont amenée en Bretagne, en Corse et au
Pays Basque, mes trois études de cas. Elles ont démontré que
l’intégration européenne créait de nouvelles opportunités pour les
partis nationalistes minoritaires en France. En effet, ces partis
exploitent les valeurs de l’Union Européenne –comme le principe de
subsidiarité et le droit européen des minorités– et les élections
européennes pour exister au niveau politique local.
Ces années
de recherche ont été un test de persévérance et de dépassement de soi.
J’ai aussi eu la chance de passer un séjour à l’Institut Universitaire
Européen à Florence et d’être invitée à présenter mes recherches dans
plusieurs conférences en Europe et aux Etats-Unis. Ma soutenance a eu
lieu le 3 novembre 2009, en privé comme le veut la tradition
britannique. Ma thèse sera bientôt publiée.
Satisfaite d’avoir
mené à bien ce long projet, je me suis retrouvée sur un marché du
travail peu porteur pour les docteurs en reconversion… J’ai en effet
réalisé assez tôt que je ne me destinais pas à l’enseignement et que je
voulais m’engager directement en politique internationale. Après
plusieurs mois à conjuguer travail en intérim et bénévolat pour Global
Witness (une ONG spécialisée dans la gestion des ressources naturelles),
puis un stage à la Commission Européenne, j’ai obtenu un poste à
l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture, à
Rome. Je travaille sur l’atténuation des effets du changement
climatique dans les pays en développement. C’est un domaine où j’ai
retrouvé des problématiques qui me sont chères, comme la protection des
peuples indigènes. J’écris actuellement un guide sur le suivi de la
gouvernance dans le cadre de la REDD+, un mécanisme visant à réduire les
émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts.
Mon
parcours s’est tracé au gré de rencontres et de convictions. Si j’ai su
saisir les opportunités qui se sont présentées, c’est en partie grâce à
l’enseignement que j’ai reçu à l’Institut Albert le Grand. Ces années
fondatrices ont fait de moi une vraie généraliste et m’ont donné la
confiance de relever de nombreux défis".
Emelyne Cheney
décembre 2010
Témoignage de François un ancien Albertiste (1997-99)
Que retenez-vous de votre passage à l’Institut Albert le Grand ?
Comme beaucoup de jeunes sortants du lycée, je ne savais pas vraiment vers quel projet professionnel m’orienter. La formation à l’Institut Albert le Grand fut pour moi le tremplin permettant de préparer sur une base culturelle généraliste et solide, une spécialisation à la communication. Secteur dans lequel je m’épanouis depuis 8 ans.
La grande plus value que j’ai retiré de ces trois années de formation reste sans aucun doute, au-delà de la culture générale, la capacité de réflexion personnelle et d’organisation des idées que nous propose l’Institut, sans oublier le caractère international de la troisième année qui permet de s’ouvrir au monde et aux langues étrangères. Pour ma part, la maîtrise de l’anglais est un atout dont je n’aurais pas pu me passer dans le métier qui est le mien aujourd’hui.
Antoine, promotion 12 (2004-2005), en mission au Bangladesh.
Après ma licence de Science politique à LEEDS Trinity en Angleterre, j’ai décidé d’effectuer un stage à l’étranger afin d’acquérir de l’expérience. Intéressé par les relations internationales, j’ai déposé, par l’intermédiaire de l’institut, une candidature pour un stage au sein du Ministère des Affaires étrangères dans l’optique de découvrir le monde de la diplomatie. Je suis actuellement au Bangladesh où j’effectue un stage au sein de l’ambassade de France en chancellerie jusqu’à la fin du mois de juin 2008.
Le Bangladesh, c’est une culture, un mode de vie, des traditions importantes, une histoire, mais également une vie trépidante tournée vers l’avenir. J’y apprends donc beaucoup, et à tous points de vue. A ce jour, je me pose la question de savoir comment compléter mon cursus universitaire. Rien n’est écarté…!